La vitamine C liposomale est-elle plus efficace que la vitamine C classique ?
La vitamine C liposomale atteint des concentrations sanguines plus élevées que la forme classique, mais son bénéfice réel sur la santé n'est pas démontré. Tant que ce n'est pas établi, le surcoût est difficile à justifier, sauf en cas de troubles digestifs liés à des doses élevées de vitamine C ordinaire.
La vitamine C liposomale atteint des concentrations sanguines plus élevées que la forme classique. Neuf études sur dix ont mesuré des pics sanguins et une exposition totale plus importants. Les écarts sont larges : le pic peut être 1,2 à 5,4 fois plus élevé, et l'exposition totale 1,3 à 7,2 fois plus importante. Un essai clinique en double aveugle, mieux conçu, livre des chiffres plus modestes : +27 % pour le pic sanguin et +21 % pour l'exposition totale.
Cette meilleure absorption concerne aussi les globules blancs. Dans ce même essai, ces cellules contenaient 20 % de vitamine C supplémentaire avec la forme liposomale, ce qui est pertinent pour le système immunitaire, même si l'écart reste inférieur à celui observé dans le sang. L'explication est mécaniquement plausible : les liposomes (des vésicules graisseuses microscopiques) protègent la vitamine C pendant la digestion contre la chaleur, la lumière, l'oxygène et les variations d'acidité, ce qui permet à une plus grande quantité d'atteindre la circulation sanguine intacte.
La réserve principale : des taux sanguins plus élevés ne prouvent pas un meilleur effet sur la santé. Aucune étude n'a mesuré l'excrétion urinaire de vitamine C, si bien qu'on ignore quelle proportion atteint réellement les tissus et les cellules. Seules deux études ont examiné des effets biologiques dans l'organisme. Qu'il s'agisse de réduire les infections, d'accélérer la récupération ou d'améliorer le fonctionnement immunitaire, rien n'a été démontré à ce jour.
Sur le plan de la sécurité, aucun effet indésirable n'a été signalé dans les études disponibles. Ces études restaient toutefois relativement courtes et de faible ampleur, ce qui empêche de tirer des conclusions solides sur un usage prolongé. Une autre forme de vitamine C, l'ascorbate de calcium, a provoqué moins de troubles digestifs que la forme classique dans une méta-analyse, ce qui en fait une option intéressante pour les personnes sensibles à des doses élevées de vitamine C ordinaire.
Preuves issues d'une revue exploratoire (10 études), d'une revue systématique et de plusieurs essais cliniques randomisés, dont un essai en double aveugle contre placebo portant spécifiquement sur la vitamine C liposomale. Limites méthodologiques notables : les formulations, les dosages (0,15-10 g) et les durées de mesure varient fortement d'une étude à l'autre, ce qui complique toute comparaison directe. Aucune étude n'a mesuré l'excrétion urinaire ; les critères cliniques (infections, récupération) sont à peine étudiés.