La musculation aide-t-elle à combattre la résistance à l'insuline ?
La musculation aide probablement à réduire la résistance à l'insuline, mais l'effet est le mieux démontré en combinaison avec l'entraînement d'endurance et, pour favoriser davantage la perte de poids, avec des ajustements alimentaires.
La musculation augmente la concentration, dans les muscles, d'une protéine qui permet au sucre d'entrer dans les cellules (le transporteur de glucose de type 4, ou GLUT-4). Plus cette protéine est présente, mieux les muscles répondent à l'insuline. Dans le même temps, le taux moyen de sucre dans le sang sur trois mois (mesuré par l'HbA1c) baisse, et la graisse viscérale autour des organes diminue. Plusieurs études pointent cet effet, mais les preuves restent de niveau modéré.
Les gains les plus importants sont documentés chez les personnes qui associent musculation et entraînement d'endurance. Une méta-analyse portant sur 20 études et plus de 1 200 personnes atteintes de diabète de type 2 avec surpoids montre qu'un tel programme combiné abaisse la glycémie, améliore la pression artérielle, réduit les marqueurs inflammatoires dans le sang et augmente la qualité de vie par rapport aux soins standard. Les chercheurs qualifient eux-mêmes la qualité des preuves de modérée et appellent à des essais cliniques plus robustes.
La musculation seule convainc moins dès lors qu'on s'intéresse aux facteurs de risque cardiovasculaire chez des personnes atteintes de syndrome métabolique sans diabète déclaré. Une revue systématique n'a trouvé aucun effet statistiquement significatif dans ce groupe, mais l'attribue principalement au faible nombre d'études disponibles. Il est donc trop tôt pour conclure que la musculation ne fonctionne pas ici : le sujet est simplement insuffisamment étudié.
L'activité physique en général, musculation incluse, améliore la sensibilité des muscles à l'insuline indépendamment de toute perte de poids. Certains de ces effets se produisent même sans que l'insuline intervienne. La perte de poids apporte un bénéfice supplémentaire, mais elle s'obtient plus efficacement en associant la musculation à des ajustements alimentaires et de mode de vie, plutôt qu'en misant uniquement sur l'exercice.
Les preuves reposent sur une revue systématique et méta-analyse (PMID 38887616) sur l'entraînement combiné dans le diabète de type 2, une revue systématique sur la musculation dans le syndrome métabolique (PMID 29783064), et deux revues portant sur les mécanismes et les interventions de mode de vie au sens large (PMID 22777332, 27348753, 33213121). Le niveau de preuve global est modéré ; les grands essais cliniques randomisés indépendants évaluant la musculation comme intervention isolée font largement défaut.