Les aliments riches en fibres protègent-ils contre le cancer colorectal ?
Une consommation plus élevée de fibres est associée de façon constante à un risque réduit de cancer colorectal, avec les céréales complètes comme source la mieux étayée. Miser chaque jour sur le pain complet, les flocons d'avoine ou les légumineuses est un premier pas concret.
Chaque tranche de 10 grammes de fibres supplémentaires par jour est associée à un risque de cancer colorectal réduit d'environ 10 %. Trois portions supplémentaires de céréales complètes par jour sont même liées à une baisse de 17 %. C'est ce que montre une méta-analyse portant sur 25 grandes études de cohorte à long terme.
Une revue générale ayant synthétisé 45 méta-analyses qualifie ces preuves de « convaincantes ». Les fibres solubles et insolubles offrent une protection comparable : les personnes qui en consomment le plus ont environ 22 à 25 % moins de risque que celles qui en consomment le moins. Inutile donc de choisir entre les types de fibres : le pain complet, les légumineuses et les légumes contribuent tous à cet effet.
Les fibres issues des céréales semblent particulièrement importantes. Dans une étude menée sur près de 476 000 participants britanniques, les grands consommateurs de fibres provenant du pain et des céréales du petit-déjeuner avaient 14 % moins de risque de développer un cancer colorectal. En revanche, les fibres issues des légumes et des fruits ne montraient pas d'association statistiquement significative dans cette même étude, ce qui indique que toutes les sources de fibres ne se valent pas selon les résultats disponibles.
Un mécanisme biologique explique ce lien. Les bactéries intestinales fermentent les fibres pour produire du butyrate, un acide gras court qui sert de carburant aux cellules de la paroi du côlon. Le butyrate maintient cette barrière en bonne santé, freine l'inflammation et inhibe les cellules cancéreuses dans les études en laboratoire. Les fibres accélèrent également le transit intestinal, ce qui réduit le temps de contact entre les substances potentiellement cancérigènes et la muqueuse du côlon.
Réserve importante : toutes ces associations ont été observées dans des études de population, et non dans des essais cliniques où les participants sont répartis aléatoirement entre groupes. On ne peut donc pas affirmer avec certitude que les fibres préviennent directement le cancer. Cela dit, le mécanisme biologique est solide, les associations sont larges et cohérentes, et aucun inconvénient connu n'est associé à une consommation accrue de fibres chez les personnes en bonne santé.
D'après une revue générale de méta-analyses (PMID 33591366), une méta-analyse de 25 études prospectives (PMID 22074852), une méta-analyse sur les types de fibres (PMID 34854791), l'étude UK Biobank (PMID 30993317), et des revues mécanistiques et narratives (PMID 27848961, 33401525, 33096647). Toutes les associations humaines sont de nature observationnelle.