Quels facteurs influencent le métabolisme ?
La masse musculaire, la graisse viscérale, l'âge, le sexe biologique et la façon dont on perd du poids déterminent ensemble la vitesse du métabolisme. Construire et entretenir sa masse musculaire par la musculation reste le levier le plus direct sur lequel on peut agir.
La masse musculaire est le moteur le plus puissant du métabolisme au repos. Les muscles et les organes – regroupés sous le terme de masse maigre – brûlent davantage d'énergie que le tissu graisseux, même en position assise. Plus la masse musculaire est élevée, plus le métabolisme de repos est rapide. Ce constat vaut pour les sportifs, mais aussi après une chirurgie : une perte de masse musculaire après un bypass gastrique fait chuter le métabolisme de repos et augmente le risque de reprise de poids à long terme.
La graisse abdominale autour des organes, appelée graisse viscérale, est un second facteur majeur. Un excès de graisse viscérale perturbe le métabolisme par plusieurs mécanismes simultanés : des lipides sanguins plus élevés, davantage de substances inflammatoires dans le sang, et une moins bonne réponse de l'organisme à l'insuline. La quantité de graisse viscérale accumulée dépend en partie de l'âge, du sexe, de l'hérédité et de l'origine ethnique. Une perte de poids par changement de mode de vie s'attaque en priorité à cette graisse abdominale.
Les régimes très restrictifs ont un effet secondaire méconnu. Après une perte de poids extrême, l'organisme se met à fonctionner de manière structurellement plus économe : le métabolisme de repos baisse fortement et reste abaissé, parfois des années plus tard. Des participants à un programme intensif d'amaigrissement affichaient encore, six ans après ce programme, un métabolisme de repos inférieur en moyenne d'environ 700 kilocalories par jour à ce qu'il était avant le régime. Même une reprise de poids ultérieure ne restaure pas automatiquement ce métabolisme. Les régimes drastiques s'avèrent donc contre-productifs sur la durée.
Le vieillissement ralentit progressivement le métabolisme, en partie parce que la production d'hormone de croissance et d'hormones sexuelles diminue. Le remplacement hormonal n'apporte qu'un bénéfice limité : ses effets indésirables l'emportent sur ses avantages pour la plupart des personnes, sauf dans des situations précises comme après la ménopause ou en cas de déficit hormonal avéré. L'activité physique régulière – endurance et musculation combinées – ainsi qu'une alimentation équilibrée sont des stratégies dont l'efficacité est mieux établie pour freiner le déclin métabolique lié à l'âge.
Le sexe biologique module également la façon dont le métabolisme réagit. Chez les femmes, la masse musculaire est liée aux apports en protéines et en lipides ; chez les hommes, ce lien est moins net. Le métabolisme ne dépend donc pas uniquement du poids ou du mode de vie, mais aussi du profil biologique de chacun.
Ces informations s'appuient sur plusieurs études menées chez des humains, notamment auprès de sportifs, de patients ayant subi une chirurgie bariatrique, de personnes atteintes d'un syndrome post-polio et de participants à un programme intensif d'amaigrissement suivis pendant six ans. Les preuves désignant la masse musculaire comme facteur prédictif du métabolisme sont solides et cohérentes. Les données sur l'adaptation métabolique après un régime drastique proviennent d'une seule étude à long terme portant sur un groupe spécifique, ce qui limite leur généralisation à l'ensemble de la population. Les affirmations relatives aux hormones reposent sur des revues sans quantification des tailles d'effet.