Les régimes végétaux sont-ils meilleurs pour tes intestins que les régimes mixtes ?
Les régimes végétaux sont associés à des modifications favorables du microbiote intestinal, mais l'effet varie fortement d'une personne à l'autre et les preuves de causalité restent limitées. L'apport en fibres et en aliments fermentés repose sur des bases plus solides que le mode d'alimentation pris dans sa globalité.
Passer à un régime exclusivement animal réoriente le microbiote intestinal en quelques jours vers des espèces tolérantes aux sels biliaires, dont une bactérie associée à l'inflammation intestinale. Un régime végétal produit l'effet inverse : les bactéries qui dégradent les fibres végétales augmentent. Des chercheurs l'ont observé après une intervention de courte durée, et ces changements étaient rapides et reproductibles.
Les végétaliens présentent généralement davantage de certaines familles bactériennes liées à un microbiote sain, et moins d'espèces pathogènes que les omnivores. C'est ce que montrent une revue systématique portant sur neuf études observationnelles ainsi que plusieurs autres revues. Ces études restent toutefois des photographies à un instant donné : elles ne prouvent pas que le régime alimentaire en est la cause, ni que d'autres facteurs liés au mode de vie n'entrent pas en jeu. La différence entre végétaliens et végétariens est par ailleurs souvent faible.
Toutes les données ne pointent pas dans la même direction. Une étude menée auprès de 89 adultes sains et de poids normal n'a trouvé aucune différence dans les marqueurs inflammatoires ni dans la perméabilité intestinale entre végétaliens, végétariens, omnivores et adeptes d'un régime pauvre en glucides. Un essai clinique randomisé (36 participants, 17 semaines) a quant à lui montré que les aliments fermentés augmentaient la diversité du microbiote et faisaient baisser les protéines inflammatoires, tandis qu'un régime riche en fibres modifiait très peu cette diversité. L'effet des fibres s'est révélé fortement dépendant de la composition initiale du microbiote de chaque participant.
Les fibres et les polyphénols, caractéristiques des régimes végétaux et méditerranéens, semblent exercer les effets les plus régulièrement favorables. Les régimes de type occidental produisent l'effet contraire. L'ampleur exacte de ces effets varie cependant d'une personne à l'autre et d'une étude à l'autre. Une synthèse publiée dans Nature Reviews souligne que chaque mode d'alimentation façonne le microbiome à sa façon, et que la réponse individuelle est grande et difficile à anticiper.
Un régime végétalien comporte un point de vigilance supplémentaire : sans planification rigoureuse, il peut entraîner des carences en vitamine B12, en fer et en calcium. Les effets bénéfiques sur le microbiote ne sont donc pas sans condition : une bonne organisation alimentaire est indispensable.
Les preuves reposent sur une revue systématique d'études observationnelles, plusieurs revues narratives, un essai clinique randomisé (n=36), une étude d'intervention clinique et une étude transversale (n=89). Les données issues d'essais randomisés sont rares et issues de petits échantillons. Les liens de causalité ne sont pas encore clairement établis.